La plupart des comités IA que nous reprenons ont le même symptôme : un ordre du jour de quatorze points, une réunion mensuelle de deux heures, et aucune décision prise depuis un trimestre. Le comité est devenu un lieu d'information, et personne ne l'a décidé.
Les quatre décisions
Premièrement, l'arbitrage du portefeuille : quels cas d'usage sont financés sur la prochaine vague, et lesquels sont arrêtés. Un comité qui ne sait pas arrêter un projet ne priorise pas, il empile.
Deuxièmement, la classification de risque au sens de l'AI Act et l'acceptation, ou non, du niveau d'exposition qui en découle. C'est une décision d'entreprise, pas une décision technique.
Troisièmement, la politique d'accès aux modèles : qui utilise quoi, avec quels plafonds, et ce qui s'applique aux prestataires externes comme aux salariés. C'est le point le plus souvent oublié, et c'est l'angle mort de la plupart des chartes IA.
Quatrièmement, la validation des indicateurs de valeur avant démarrage. Si le comité ne contresigne pas la mesure de départ, il n'aura aucun moyen de juger le résultat.
Ce qu'il ne doit pas prendre
Le choix des outils, l'architecture technique, la sélection des modèles. Un comité qui arbitre entre deux bases vectorielles n'a plus le temps d'arbitrer entre deux cas d'usage, et il prend cette décision moins bien que l'équipe qui l'exploitera.
La cadence
Mensuel pendant une vague, trimestriel entre deux. Quatre points à l'ordre du jour, un document par point envoyé quarante-huit heures avant, et une décision écrite pour chacun. Une réunion sans décision écrite se retiendra comme un point d'avancement, et le trimestre suivant elle se videra un peu plus.